Actualite OCA - Coronavirus – COVID-19  
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04 avril 2020 - Coronavirus – COVID-19

 

Directives diocésaines pour le temps de l’épidémie - Dernière mise à jour : 28 mars

 

 Troisième message à mes chers alsaciens

Publié le 02 avril 2020 

 

Comment soigner le remède ?

Le virus fera beaucoup de dégâts mais le confinement en fera encore plus.

Après deux semaines, les psy. ont remplacé les médecins sur les plateaux des TV. Dans les journaux, les conseils au confinement arrivent en rangs serrés : prennent la parole des commandants de sous-marins, des psychologues, des philosophes etc.

On a oublié d’inviter d’anciens (ou actuels) prisonniers. Et pourtant, ceux-là aussi auraient à nous enseigner. De plus, discrètement, on nous informe qu’il y a +32% de signalements de violences conjugales en zone gendarmerie et +36% dans la zone de police, en une semaine.

Sur ce thème, je vous partage la confidence reçue récemment d’un ami médecin alors qu’il revenait de l’Institut médico-légal de Strasbourg : « Malheureusement, c’est une autre facette de ce qui nous arrive, en plus ; beaucoup de violences en famille et entre voisins ; l’alcoolisme y est pour beaucoup. C’est une autre facette invisible… Une catastrophe qui nous tombe sur la figure… »

Cette vérité commence à suinter derrière la retentissante promotion des gestes solidaires. Je veux bien qu’on chante ce qui se fait de beau mais il y a un risque à taire ce qui se vit de sombre. Croyant ou incroyant, nous assumons une humanité ambivalente qui n’est pas simple à endosser en toutes circonstances même avec une forte spiritualité enracinée dans une foi vive.

Cette vérité sur l’homme, nous la connaissions déjà grâce à notre Tradition chrétienne. Elle se résume à ceci : nous ne sommes pas appelés à vivre cloitrés en moine (là, je ne m’adresse ni aux moines et ni aux moniales). Et ça vaut aussi pour nos prêtres diocésains. Et aucune spiritualité ne nous évite ce conflit intérieur.

Certains exaltent le confinement comme une chance pour grandir. Cette idée me semble vraiment abstraite. Ceux qui la soutiennent vérifieront en eux-mêmes si elle n’est pas une incantation pour fuir leur difficulté personnelle à vivre l’assignation à résidence. Une sorte de mantra à effet magique : « Tout va bien », claironne celui qui se défait au milieu des illusions qu’il s’est construites.

Il est vrai qu’une certaine forme de solitude enracine l’homme en son cœur profond. Mais nous la vivons ou la cherchons dans le cadre d’une retraite spirituelle et avec les moyens appropriés.

De plus, cette idée ne me convient pas du tout. Comptez sur moi pour prier pour chacun de vous, pour nos admirables personnels soignants, pour tous ceux qui délaissent leur vie familiale en servant les autres. Je le fais tous les jours à la messe. Mais ne comptez pas sur moi pour exalter ce confinement.

Il est nécessaire comme l’est un remède dont il eut mieux valu se passer. Le confinement est au covid-19 ce que la chimiothérapie est à un cancer. Il faut choisir la bonne dose pour éviter que le patient ne décède du remède avant de mourir de la maladie.

Pour une personne exceptionnelle qui aura profité de cette mise à l’écart pour grandir (croissance qu’elle gagnera à faire valider par ses proches), des centaines de personnes en feront les frais. La note à payer risque d’être lourde quand l’épidémie sera « derrière » nous.

Le confinement est un remède de choc appliqué d’un coup et à tous sans essais cliniques préalables. Ses effets secondaires n’ont pas pu être mesurés : jamais depuis la guerre nous avons été dans ces circonstances exceptionnelles. Ce remède semble nécessaire.

L’État nous l’impose et à nous d’en suivre religieusement la posologie. Mais il implique aussi un défi à détecter avec lucidité car la bataille n’est pas moins rude sur le front du confinement que sur le front des hôpitaux. Pour le dire autrement : Comment soigner le remède ?

Si ses effets sont conséquents sur les gens solides, qu’en sera-t-il sur les personnes fragiles ? Je pense beaucoup aux personnes les plus fragiles. Celles-ci paient toujours avant les autres. Le confinement ne gomme pas les fragilités, il les révèle et il les accentue.

Comme la pression sur une plaie fait sortir le pus, cette clôture non choisie (et non préparée) presse les fragilités. C’est le couteau qu’on retourne dans la plaie. Ce qui était douloureux tourne au désastre. Comment faire pour garder chez lui un jeune de 25 ans atteint de troubles psychiques graves ? Ajoutons que sont rares, très rares ceux qui n’ont aucune fragilité.

Prenons garde à nous croire plus solides que nous ne le sommes en réalité. La colère est souvent aux portes de notre cœur, toute prête à jaillir et à blesser.

Prions encore pour nos autorités politiques qui tentent de choisir le moins pire entre la maladie qui assassine en face et le remède qui détruit par derrière.

Et invitons l’Esprit saint à régner entre nous, en nous. Sa marque de fabrique nous est connue : paix et joie. Seul ou seuls nous ne nous en sortirons pas par le haut.

Viens Esprit-saint !

Que Dieu vous garde tous !

+ Luc Ravel
Archevêque de Strasbourg

 

Deuxième message à mes chers alsaciens

Publié le 26 mars 2020 


« J’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose qui est de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre. » (Blaise Pascal, Pensées)


Je vous redis toute mon affection et ma prière. J’essaie comme vous de conserver un peu d’humour.


Le confinement, c’est amusement au premier jour, détente au deuxième jour, concentration au troisième mais après ?


Sauf à être habituellement cloîtré en son logis, le confinement au-delà d’une semaine sera naturellement beaucoup moins drôle, surtout dans un 54 m2 sans balcon et partagé à cinq (c’est le cas de mon frère à Paris).


Les ennuis fruits de l’ennui vont commencer. Faut-il les nommer par avance ?


Chacun anticipe déjà son bilan : courage il peut y avoir aussi du positif !


Comment tenir confinés plusieurs semaines sachant qu’on n’a pas tous un chien à promener ou une vieille parente à visiter ?


Au passage, on mesure à cette heure l’importance des grand-mères et des chiens. Je ne confonds pas les deux encore qu’il se puisse aussi que grand’mère ait un caniche et là…


Beaucoup d’entre nous, par discipline, par conviction, par peur (qui sait ?), nous ne quittons pas notre logement en attendant des jours meilleurs et, surtout, les consignes politiques.


Si nous sommes en pleine forme, le manque d’activités (sportives, laborieuses ou culturelles) voire même le défaut d’occupations utiles nous pèsent.


Notre énergie bouillonne en nous et nous cherchons comment la dépenser.


Nos mains nous démangent, notre esprit tourne en rond, notre coeur s’épuise (assez vite) avec nos prochains devenus trop proches et qui feraient bien de profiter de cette période étonnante pour faire des efforts, pense-t-on avec la même conviction qu’ils partagent à notre sujet.


Alors il y a les distractions. Celles, favorites, qui s’amplifient : films et séries, jeux sociaux ou vidéos, lecture et culture, ménage et repassage. Je plaisante pour les tâches domestiques.


Quoi que ça puisse être distrayant pour certains hommes qui y verront une nouveauté. Et aussi bricolage et jardinage pour ceux qui en ont les moyens mais je crois savoir que tout le monde n’a pas un jardin ou un palais épiscopal de 850 m2 (C’est mon cas. Mon confinement est moins douloureux que pour d’autres).


Il n’est pas mauvais de se distraire. Les distractions détendent (elles distraient aussi) à condition de ne pas en abuser. A haute dose, elles se corrompent et mutent en divertissement.


C’est que se distraire et se divertir, ce n’est point la même chose. Je prends ici l’habit (trop large pour moi) du moraliste. L’esprit comme un muscle a besoin de « souffler ».


Et la respiration de l’esprit, la détente du mental, c’est la distraction. La concentration se pose sur autre chose que le travail habituel.


Le sens du shabbat ou de notre dimanche tient à ce que nous nous tournons vers autre chose : Dieu, notre famille, notre corps etc. Ainsi nous jardinons le dimanche sauf si nous sommes jardiniers de profession. Cela nous distrait au très bon sens du terme.


Ainsi nous nous mettons à des jeux de société avec nos enfants. Toutes ces distractions nous détendent sans nous perdre.


Pour le divertissement, il en va tout autrement. Je reviens à notre génie français, Blaise Pascal. Dans les liasses qu’il nous a laissées, collecte rapide des pensées notées au jour le jour en vue d’un ouvrage magistral, l’une porte ce titre : « divertissement. »


En voici quelques extraits :


« Divertissement. Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser. »

 

« Le roi est environné de gens qui ne pensent qu’à divertir le roi et à l’empêcher de penser à lui. Car il est malheureux, tout roi qu’il est, s’il y pense. »

 

« Ainsi l’homme est si malheureux qu’il s’ennuierait même sans aucune cause d’ennui par l’état propre de sa complexion. Et il est si vain qu’étant plein de mille causes essentielles d’ennui, la moindre chose comme un billard et une balle qu’il pousse suffisent pour le divertir. »

 

« Nous courons sans souci dans le précipice après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir.

 

« La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement. Et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de songer à nous et qui nous fait perdre insensiblement. Sans cela nous serions dans l’ennui, et cet ennui nous pousserait à chercher un moyen plus solide d’en sortir, mais le divertissement nous amuse et nous fait arriver insensiblement à la mort.

 

« Agitation. Quand un soldat se plaint de la peine qu’il a ou un laboureur etc. qu’on les mette sans rien faire.

 

« Ennui. Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passions, sans affaires, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme, l’ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir. »

 

Au fond, la distraction est une détente de soi, le divertissement une diversion de soi. On ne se laisse pas en se distrayant mais on se néglige dans le divertissement.


Distrayons-nous et évitons le divertissement !


Je prie pour vous tous les jours.

 

 

17 mars 2020 -

Premier message à mes chers Alsaciens pour le temps de l’épidémie

 

A la différence de douleurs qui n’atteignent qu’un seul membre mais que nous partageons par la solidarité unissant les membres d’un même corps, aujourd’hui nous sommes tous atteints.

Je songe à cette fable de Jean de La Fontaine « Les animaux malades de la peste » : « Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. » Maintenant ou demain, nous serons tous frappés en notre chair, dans notre famille, à travers les difficultés de l’entreprise etc.

Si certains passent entre les gouttes, ce sera miracle… et, j’ose croire qu’ils n’en seront que plus sensibles à la souffrance des autres.

Tenez-bon ! Courage ! Même le pire a une fin. Mais beaucoup d’entre nous vont trouver le temps de l’épidémie long voire extrêmement long, dans l’attente exaspérée que reprenne la vie normale.

Leur patience sera mise à rude épreuve pour des raisons opposées, que je signale afin que nous portions ceux qui sont plus que les autres sous le joug de la durée, la lenteur d’un temps qui n’en finit pas. Regardons-les.

Ceux qui ruinent leur santé en travaillant trop pour nous : le personnel soignant avant tout, lui qui arrive déjà à saturation. Mais aussi les policiers et militaires qui vont assurer l’ordre et nous éviter le pire (Imaginons une attaque terroriste d’ampleur avec un groupe armé attaquant un hôpital. Ce serait une tragédie innommable).

Sur-occupés habituellement, comment les uns et les autres vont-ils tenir le coup ? Certainement beaucoup d’autres catégories de personnes rejoignent les soignants et les forces de l’ordre, par exemple nos chers pompiers toujours disponibles.

Ceux qui dépriment en travaillant trop peu et qui n’auront même plus ce minimum de vie sociale que leur fournissaient les commerces, les marchés et les messes : ces personnes seules à qui on ajoute le confinement à la solitude.

Ces chefs d’entreprises qui voient leur activité fondre et qui songent à tout arrêter.

Ces jeunes qui perdent leurs espoirs de réussites scolaires malgré les propositions des établissements scolaires ou universitaires.

Sûrement, là encore, j’oublie beaucoup de monde.

A ceux-là, à ceux qui sont rudement éprouvés, je propose l’aide de l’Église. Nous ne ferons pas de miracle mais à nous tous nous sommes une extraordinaire force d’amour.

Et pour être à la hauteur des appels lancés par les hommes nos frères, je me permets de fixer aujourd’hui notre attention sur trois points très concrets :

La discipline personnelle.

Puisque nous sommes disciples du Christ, nous avons l’habitude de la discipline divine ! Or, comme le disent saint Paul (Rm 13) et saint Pierre (1P 2), Dieu parle et passe par les autorités politiques et judiciaires car Il est la source de leur autorité.

Nous devons donc vivre les consignes et recommandations données avec zèle et foi. Sans rechigner mais avec la conscience d’être disciples du Seigneur en exécutant les ordres.

Par cette obéissance, nous avançons spirituellement. Non seulement la raison mais aussi la piété nous pressent d’être disciplinés. Jusqu’aux moindres détails. Soyons ponctuels dans notre obéissance.

La solitude terrible.

Certes le Carême est un temps de désert et le désert est souvent caractérisé par la solitude. Tant mieux si nous pouvons trouver un peu de calme ces prochaines semaines. Mais je pense aux gens seuls déjà accablés par la solitude avant l’épidémie.

Solitude éprouvante, hier. Solitude angoissante aujourd’hui. Solitude mortelle demain.

Nous pouvons réagir ensemble à partir de la demande instante que je vous fais : que chaque catholique s’engage à un contact journalier avec deux personnes seules qu’il connaît. Il n’y a pas que les grands vieillards à être seuls.

Un coup de téléphone, une communication vidéo, un SMS pour prendre et donner des nouvelles, proposer une aide etc. Nous sommes très nombreux et peu de personnes passeront dans les mailles du filet de notre charité.

L’Eucharistie spirituelle.

Plus de messes publiques ne veut pas dire plus de messes du tout. Les prêtres ne cessent pas de dire la messe, chaque jour, en particulier pour le peuple qui leur est confié.

A chacun de s’unir à cette incomparable source de vie chrétienne. Comment ? Bien entendu il y a les moyens de communications : la messe télévisée, radiodiffusée, numérisée. Mais il y a aussi la communion spirituelle.

Elle n’est pas une nouveauté. Des chrétiens vivent sans possibilité d’aller à la messe pendant de longs mois (par exemple en Amazonie, nous a rappelé le pape François). Unissons nos cœurs à l’heure de la messe ! Les cloches sonnent toujours…

N’oublions pas l’Eucharistie !

Entretenons la mémoire de la messe ! Dans ce sens, je vous laisse deux belles citations de Madeleine Delbrêl : « Vivons-nous chaque confession, chaque communion comme des gens qui ne sauraient pas quand ils pourraient à nouveau se confesser ; à nouveau communier ? » (L’éblouie de Dieu, Nouvelle Cité, 2020, p. 118)

Et encore : « Toute cette intensité de charité poussée jusqu’au bout n’est pas encore la bout de la charité de Jésus dans l’Eucharistie car il est une présence au monde entier. Il est le véritable Adorateur, le Distributeur comblé, revêtu de toute grâce, comblé de tous les dons de la source de vie. C’est là que nous pourrons apprendre cette vie d’intimité avec le monde entier. Chacun de nous doit être, à l’exemple de Jésus, l’adorateur unique pour le monde entier, car si notre cœur est livré à l’Eucharistie, il est présent à tous les cœurs humains… Alors devrait s’éveiller en nous la pitié pour les autres à travers le cœur de Jésus. » (L’éblouie de Dieu, Nouvelle cité, 2020, p. 114-115)

Amitiés fraternelles à tous dans le Seigneur !

 

17 mars 2020

 

Le développement de l’épidémie de coronavirus m’amène à prendre de nouvelles mesures qui reprennent et complètent celles qui ont été déjà diffusées à toutes les paroisses, ainsi que mon communiqué du lundi 9 mars, qui invite à réfléchir à des manières différentes de vivre notre foi en période de crise.

L’obéissance aux consignes données par les autorités publiques n’est pas optionnelle pour un chrétien : saint Pierre et saint Paul eux-mêmes en ont fait le conseil pressant aux premiers Chrétiens (Rm 13, 1).

Croire que la prière nous protège de la propagation d’un virus serait irresponsable et même gravement fautif, si, en ne nous protégeant pas nous-mêmes, nous devenions des facteurs de propagation de la maladie.

J’appelle donc l’ensemble des diocésains, en même temps qu’à une prière fervente pour les malades et les soignants, à appliquer de manière sérieuse les présentes consignes.

1. Maintien des célébrations liturgiques et des réunions pastorales

  • On se conformera en premier lieu aux consignes des autorités publiques, qui sont données à l’échelle du pays, d’un département, voire d’une commune. Selon les cas, les rassemblements de plus de 100 personnes sont prohibés (ce qui est actuellement le cas au niveau national) ou de 50 personnes (cas actuellement du Haut-Rhin et du Bas-Rhin).
  • Avant de décider du maintien ou du non-maintien d’une célébration ou d’une réunion pastorale, on discernera en mettant en œuvre différents critères : le groupe est-il composé de personnes (prêtres, agents pastoraux…) dont la contamination collective paralyserait toute pastorale dans un doyenné, une zone ou le diocèse ? L’annulation aurait-elle des conséquences financières pour des tiers (location de salles, de bus, traiteur) et doit-elle respecter un délai minimum vis-à-vis d’eux ? L’activité peut-elle être facilement reportée ?
  • Dans le cas où le non-maintien serait décidé, on évitera les annulations pures et simples. On cherchera les solutions de report ou de simplification (une journée au lieu d’un week-end), on utilisera les moyens modernes de communication à distance…
  • En vertu de ces critères, la journée diocésaine des coopérateurs prévue le mardi 24 mars est reportée à l’automne. Pour ce qui est de la rencontre des prêtres le mardi saint 7 avril et du lancement du Grand Jubilé de sainte Odile le lundi de Pâques 13 avril, la décision sera prise en temps utile en fonction de l’évolution de la situation.
  • Les groupes de catéchèse et les rencontres d’adolescents sont suspendus. Mais les responsables de la pastorale et les services veilleront à mettre un lien pédagogique. L’OCA proposera des fiches pour un suivi.

2.Pratiques à mettre en place lors des célébrations liturgiques

Les directives précédemment données demeurent :

  • Il est demandé de s’abstenir du geste de paix, ou de trouver une autre manière de le donner qu’à travers un contact physique comme les poignées de mains ou les embrassades.
  • S’il y a concélébration, les prêtres et autres ministres ne communient que sous la forme de l’intinction.
  • La communion eucharistique ne peut être donnée que dans les mains.
  • Il est vivement recommandé aux prêtres, aux diacres et aux ministres laïcs de la communion de se laver les mains avant de donner la communion.
  • On videra les bénitiers présents dans l’église et on invitera les fidèles qui souhaitent de l’eau bénite à se servir au robinet de la cuve de réserve. Le geste de l’aspersion pourra être pratiqué collectivement au début de la célébration.
  • Lors des funérailles, on proscrira autant que possible le passage du goupillon de main en main.
  • Pour la quête, on privilégiera les formes qui ne font pas circuler les paniers de main en main, comme la procession, ou le panier à l’entrée ou à la sortie de l’église.
  • On invitera les fidèles à se disperser dans l’ensemble de l’église, afin de tenir une distance raisonnable entre eux.

3.Pour ce qui est du maintien ou de la suppression des offices

Dans l’Alsace, où s’applique la règle des 50 personnes, voici quelques idées pour les célébrations qui sont maintenues.

  • La question de la Semaine Sainte et de Pâques va se poser à nous très rapidement.
  • Simplifier l’animation des messes (le moins de chants et de musique possible) et réduire l’homélie à trois minutes pour que les rassemblements soient intenses mais brefs.
  • Célébrer deux messes consécutives et courtes pour réduire le nombre de personnes à chaque rassemblement.
  • Proposer une messe supplémentaire à un moment de la journée pour éviter le grand nombre.
  • Si le rassemblement en milieu fermé devient problématique, rechercher des lieux ouverts (préau…) pour une messe en extérieur.

Là où les messes publiques sont supprimées :

  •  Laisser les églises ouvertes.
  • Organiser dans une église une messe avec des animateurs de célébrations de la Parole et prévoir des hosties en nombre suffisant pour les porter dans les autres lieux de célébration qui suivraient.
  • A la suite de cette messe, organiser des rassemblements dans d’autres églises en petite assemblée locales pour une liturgie de la Parole (lecture de l’évangile, prière universelle, notre Père, communion).
  • Inviter à regarder la messe télévisée, ou radiodiffusée, sur les chaînes françaises ou allemandes, publiques ou privées.

En cas d’interdiction totale des offices publics et de confinement généralisé :

  •  Inviter à prier à la maison ou avec des voisins avec le soutien d’un feuillet mis à disposition à l’église toujours ouverte.
  • Un feuillet (Saveur d’Evangile par exemple ou un feuillet local avec l’évangile, l’homélie, la prière universelle et une méditation)
  • Proposer selon la même modalité privée des Laudes ou des Vêpres à domicile alors que le prêtre célébrerait à l’église avec un minimum de personnes.
  • Idem pour un chapelet à domicile en donnant un commentaire pour chaque mystère et des intentions particulières de prière.

4.Pour la visite des personnes malades ou vulnérables

il faut suivre les consignes données par la Pastorale de la Santé

5.Autres pistes susceptibles d’être développées

  •  Prière auprès de calvaires, oratoires, chapelles en plein air.
  • Procession autour de l’église ou ailleurs dans le style des rogations.
  • Relier deux ou trois points (calvaire, oratoire, chapelle) en faisant un chemin de prière.
  • Encourager les chrétiens à se mettre à disposition des collectivités pour rendre des services (courses, garde d’enfants…).
  • Pour le sacrement de réconciliation, veiller à la distance suffisante entre prêtre et pénitent. Si elle n’est pas possible, examiner si les conditions de l’absolution collective ne sont pas constituées.
  • Utilisation par les prêtres des formulaires de la messe adaptés aux situations d’épidémie et d’épreuve.

NB : Même en cas de célébration en plein air, il est important de garder les distances de sécurité.

Par ailleurs, je demande à tous les diocésains en état de le faire de participer à une

Journée diocésaine de jeûne et de prière

le vendredi 20 mars

Cette journée de jeûne sera spécialement dédiée à une prière pour les malades, les soignants et tous ceux qui ont la mission de protéger et d’organiser la protection sanitaire.

Elle se vivra individuellement, en famille ou entre voisins. Des pistes de prière très simples seront diffusées avec cette requête.

On pourra y joindre un geste de partage financier ou une démarche de solidarité, comme l’appel téléphonique ou la communication par Skype envers des personnes âgées ou malades particulièrement isolées ou confinées en EHPAD.

Les présentes directives sont bien entendu susceptibles d’évoluer selon la situation sanitaire de notre pays. Je les confie à la vigilance et au sens de la responsabilité des prêtres, des diacres, des coopérateurs de la pastorale et de tous les fidèles.

En cas de besoin d’un avis précis, n’hésitez pas à prendre contact avec les vicaires généraux, le Père Jean-Luc Liénard et le Père Hubert Schmitt.

Cette épidémie ne nous empêchera pas de croire et d’annoncer. Peut-être même, de manière mystérieuse, en bouleversant certaines de nos routines, qu’elle nous rendra davantage missionnaires.

Strasbourg, le 13 mars 2020

+ Luc RAVEL, Archevêque de Strasbourg

 

 

 

 

   
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