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10 décembre 2014 - "Qu’Allah bénisse la France" d’Abd Al Malik

 

Sur les écrans le 10 décembre


Tourné durant l’été 2013 à Strasbourg, dans le quartier du Neuhof d’où est issu le jeune écrivain, chanteur et désormais réalisateur Abd Al Malik, "Qu’Allah bénisse la France" sort en salle demain.

Les Films du Kiosque adaptent dans ce long métrage le roman autobiographique d’Abd Al Malik :
" Qu’Allah bénisse la France ! ". Le film a été soutenu par la Région Alsace et la Communauté urbaine de Strasbourg.

Figure du rap français, Abd Al Malik ose une incursion dans le monde du cinéma avec son premier long métrage " Qu’Allah bénisse la France ! " inspiré de son livre homonyme. Il raconte le parcours d’un enfant d’immigré, noir, surdoué, élevé par sa mère catholique avec ses deux frères, dans un quartier HLM de Strasbourg. Entre délinquance des cités, rap et islam, il va découvrir l’amour et trouver sa voie.

Après plusieurs propositions de réalisation de long métrage, c’est finalement en 2013, à 38 ans que le chanteur " se sent prêt ". Ce film raconte aussi sa ville avec une réalité différente des grandes métropoles. En tournant dans sa cité, il souhaitait que le film soit " fait " par les habitants. C’est pourquoi la majorité des acteurs sont issus du quartier.

 

Homme-orchestre
Rappeur, slameur, compositeur, orchestrateur, écrivain et enfin réalisateur, Abd Al Malik a plus d’une corde à son arc. A la vision de " Qu’Allah bénisse la France ", son enthousiasme à faire partager son expérience dans une optique morale, s’impose. Le choix d’un filmage en noir et blanc d’un sujet sur les cités de banlieue renvoie à " La Haine ". Mais le scénario s’en écarte pour parvenir à faire oublier cette référence forte, l’histoire étant totalement différente, en raison de son personnage central, Abd Al Malik, lui-même. Narcissisme ? Peut-être. Mais au-delà des apparences, la volonté de transmettre un message positif.

Issu d’une famille aisée divorcée, il se retrouve avec sa mère dans une cité de la banlieue de Strasbourg. Scolarisé, il se voit encouragé par ses professeurs à suivre hypokhâgne (Sup de Lettres après le Bac), en raison de ses goûts culturels et de son don pour l’écriture. Il n’en reste pas moins attaché à ses proches de la cité et ne cesse de participer à des larcins, comme par solidarité :colis "tombés" de camions, et trafic de drogue. Mais cela devient une camaraderie qui l’encombre de plus en plus, alors qu’il s’est engagé avec ses " potes " à créer un groupe de rap. Rémy/Abd Al Malik (Marc Zinga) est lié à eux par ce projet entravé par leur délinquance. Mais Rémy est motivé par ailleurs par la religion, sa conversion à l’Islam et à sa branche soufie, la plus ouverte, spirituelle, voire ésotérique.

 


Espoir
C’est grâce à ce mélange entre contexte prolétaire, par le milieu " banlieusard ", délinquance, religion, désir d’en sortir par le haut, " Qu’Allah bénisse la France " gagne son pari. Rien n’est linéaire. Rémy devient Abd Al Malik, une fois converti et se sent comme investi d’une mission, envers lui-même, sa future femme (Nawel - Sabrina Ouazani) et sa mère, qu’il vénère, sans parler de ses proches, qu’il cherche à faire sortir de la "mouise" et qui l’entraînent dans des expériences toujours plus risquées. Son obstination, son tempérament de leader, seront essentiels à ce qui devient un message d’espoir sans être naïf, mais concret.

Là où Abd Al Malik étonne le plus, c’est dans sa maîtrise de la mise en scène, de la mise en images et dans sa direction d’acteurs. Si son " flow " en rap n’est pas des plus remarquables, ses textes son très travaillés, ainsi que ses orchestrations, la musique du film étant de ce point de vue très réussie, dynamique, rythmée et, d’un point de vue sonore, inventive. Abd Al Malik est parvenu à son but : montrer toutes ses possibilités et habilités artistiques. Est-ce dû à son sujet si personnel ? L’avenir nous le dira. Mais il devrait persévérer dans cette voie : Qu’Allah bénisse Abd Al Malik !

 

Plus d'infos :

Site de l'ACA
Site de francetvinfo

 

Ecouter l’interview reportage d’Abd Al Malik (source)

Le mercredi 10 décembre sort sur nos écrans de cinéma le premier film d’Abd Al Malik, qui s’inspire de son livre autobiographique sorti en 2007, Qu’Allah bénisse la France, avec Marc Zinga et Sabrina Ouazani.

Abd Al Malik est un enfant du Neuhof, un des quartiers sensibles de Strasbourg. Amoureux des mots et de la littérature, il est devenu un célèbre rappeur, hors norme, qui met son art au service du bien vivre ensemble.

« Le titre de mon film est pour moi un signe d’amour à la France, mon pays que j’aime. Il faut le prendre au premier degré. Je suis un musulman converti, et je participe à cette volonté de dire que les religions nous invitent à vivre en harmonie et en paix », explique Malik, l’enfant du Neuhof à Strasbourg. « Mon intention en tant qu’artiste est de faire du bien, mon combat et ma subversion sont le vivre ensemble ». Malik raconte son histoire partagée entre l’amour de l’école et de la littérature et la dure réalité de son quartier du Neuhof. « J’ai voulu être la voix du peuple des cités mais aussi rendre hommage à mes profs du collège Notre Dame. Mes profs, c’étaient mes héros, sans eux je ne serais pas là à parler de mon film ».

Malik parle aussi de sa mère, catholique, « elle va à la cathédrale pour prier pour nous ces enfants, tous convertis à l’Islam, heureuse de nous voir croire en Dieu, pour elle c’est çà l’important mais aussi d’être ouvert et de ne pas faire de bêtises. »

Malik croit en la force de la République, «  la République doit faire du bien à chacun, et je dois témoigner ne vivant plus en Alsace que notre région a un sens particulier du vivre ensemble qui fait du bien et qui est un exemple du respect des différences ».

 

   
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