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11 octobre 2013 - « Oui à un jour férié pour Kippour ou l’Aïd...

 

... mais sans supprimer une fête chrétienne » (Mgr Dubost)

 

« Même si certains peuvent le nier, la communauté française a des racines chrétiennes. Bien évidemment, elle n’a pas uniquement des racines chrétiennes, mais son histoire, sa géographie, sa culture sont façonnées par la communauté chrétienne et il est important de ne pas négliger cette partie de la vie française…. « Sur le plan de la dignité, en revanche, il est évident que tous ont les mêmes droits. Aussi, pour Kippour ou pour l’Aïd, faut-il un jour férié ? Je suis plutôt favorable, mais non pour que cela supprime quelque chose au calendrier général. »
 
Voici en raccourci la réponse que Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes, président du Conseil pour les relations interreligieuses, donne à
Céline Hoyeau dans un entretien pour le journal La Croix, suite à la proposition de l’anthropologue et spécialiste du fait religieux, Dounia Bouzar, de remplacer deux fêtes chrétiennes par une fête juive (Yom Kippour) et une fête musulmane (l’Aïd).
 
Tandis qu’une pétition contre la suppression de fêtes chrétiennes, a franchi lundi dernier la barre des 25.000 signatures en moins de deux semaines après son lancement, les réactions autour de cette proposition se multiplient
,
 
Pour Mgr Dubost, la demande d’un jour férié pour une fête juive et une fête musulmane est légitime, en revanche vouloir supprimer quelque chose au calendrier général, en l’occurrence de leur faire prendre la place de fêtes chrétienne,  c’est courir le risque de « dresser les communautés les unes contre les autres ».
 
« Je ne suis pas sûr que supprimer des fêtes aux catholiques soit une vraie manière de respecter la dignité des uns et des autres et de permettre à chacun de vivre sa foi », déclare-t-il. La position de l’évêque est aussi celle du président de l’Observatoire contre l’islamophobie et membre du bureau exécutif du Conseil français du culte musulman, Abdallah Zekri qui a confié à la presse qu’il trouvait « tout à fait normal de penser aux autres communautés », mais en rajoutant deux jours fériés et non en remplaçant des jours.
 

Mgr Dubost va même un peu plus loin...
 

« oui à un jour férié pour Kippour ou l’Aïd, mais sans supprimer une fête chrétienne »

L’anthropologue et spécialiste du fait religieux, Dounia Bouzar, qui vient d’être nommée à l’observatoire de la laïcité par le premier ministre, estime qu’il faudrait remplacer deux fêtes chrétiennes par Yom Kippour et l’Aïd. Mais pour Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes, président du Conseil pour les relations interreligieuses, ce souhait risque de dresser les communautés les unes contre les autres.


Q : L’anthropologue et spécialiste du fait religieux Dounia Bouzar, qui vient d’être nommée à l’Observatoire de la laïcité par le premier ministre, estime qu’il faudrait remplacer deux fêtes chrétiennes par Yom Kippour et l’Aïd. Pour vous, cela pourrait-il combattre le communautarisme ?

R : « Même si certains peuvent le nier, la communauté française a des racines chrétiennes. Bien évidemment, elle n’a pas uniquement des racines chrétiennes, mais son histoire, sa géographie, sa culture sont façonnées par la communauté chrétienne et il est important de ne pas négliger cette partie de la vie française. Quelqu’un qui n’accepte pas ses racines ne parviendra jamais à assimiler d’autres personnes. On s’est beaucoup moqué de ceux qui, sous la Troisième République, parlaient de nos ancêtres les Gaulois, mais être français, c’est accepter cette ascendance et cette histoire. Certes, les juifs, les musulmans, les rationalistes et les agnostiques ont une importance considérable dans notre culture, mais on ne peut nier que nous avons été façonnés par l’histoire chrétienne. On ne peut mettre à égalité, à cause de cette histoire, de notre langue, de notre culture, les différentes confessions religieuses, sur le plan culturel justement.

 

Mais n’ont-ils pas droit, pour Kippour ou pour l’Aïd, à un jour férié ?

 

Sur le plan de la dignité, en revanche, il est évident que tous ont les mêmes droits. Aussi, pour Kippour ou pour l’Aïd, faut-il un jour férié ? Je suis plutôt favorable, mais non pour que cela supprime quelque chose au calendrier général. Car, si on le fait, cela suscitera des réactions très fortes. Au lieu de favoriser l’entente, on provoquera des dissensions. Il me semble évident et normal que chacun demande à être respecté dans sa dignité. Mais je ne suis pas sûr que supprimer des fêtes aux catholiques soit une vraie manière de respecter la dignité des uns et des autres et de permettre à chacun de vivre sa foi.

Sur les jours fériés, une réflexion pourrait s’engager par exemple sur le 8-Mai : petit à petit, la tradition est en train de se perdre ; ne faudrait-il pas conserver le 11-Novembre comme un Memorial Day ? Enlever à l’un ce que l’on donne à l’autre conduira à ce que tous deviennent hostiles les uns aux autres. Et l’Aïd et Kippour apportent à notre société des choses très importantes. L’Aïd rappelle le sacrifice d’Abraham, c’est une fête de la foi ; et Kippour est une fête pénitentielle. Sur le plan de l’enseignement, il est très intéressant pour toute la société française d’entendre ces appels fondamentaux. »

 

RECUEILLI PAR CÉLINE HOYEAU

 

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