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23 mai 2013 - Cours de religion en Espagne

 

À nouveau sous le feu des critiques

 

En Espagne, les cours de religion à nouveau sous le feu des critiques

L'opposition espagnole a dénoncé le 18 mai la réforme de l'éducation approuvée par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy qui, entre autres, redonne une valeur académique aux cours de religion, pris en compte pour la moyenne des notes et l'obtention de bourses. Sous le nom de loi organique d'amélioration de la qualité de l'éducation, le projet du ministre de l'éducation José Ignacio Wert doit maintenant être débattu au parlement où le gouvernement PP (Parti populaire) détient la majorité absolue. Son objectif est d'abord de réduire le niveau élevé d'échec scolaire (25%, soit 28,8 % pour les garçons et 20,8 % pour les filles, selon Eurostat) dans un pays où 57% des jeunes sont sans emploi.


Depuis 1979 et les débuts de la démocratie espagnole, les élèves qui ne souhaitaient pas choisir les cours de religion - facultatifs - étaient obligés de prendre en contrepartie une matière alternative, supprimée en 2006 par le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero. Entretemps, l'intérêt des élèves pour cette matière a globalement décru. À la rentrée 2000, 83 % des élèves de l'école primaire et 64 % des collégiens s'inscrivaient aux cours de religion. En 2009, ils n'étaient plus, respectivement, que 74 % et 54 %. Si la nouvelle réforme - la septième en 35 ans - est adoptée, les élèves devront choisir entre religion et un cours intitulé « Valeurs culturelles et sociales » ou étudier les deux.

« Retour au national-catholicisme »

En Espagne, depuis les accords - le Concordat - de 1979 avec le Saint-Siège, les professeurs de religion sont choisis parmi les prêtres par le diocèse, sur approbation des gouvernements régionaux, qui les rémunèrent. Ce qui cristallise les critiques, en ces temps de crise et de coupes budgétaires. Dès avant l'adoption du projet de loi, en octobre dernier, dans la région de l'Aragon, la coalition communiste-écologique Izquierda Unida (IU - Gauche unie) avait critiqué très vivement l'initiative, en rappelant que la région consacrait sept millions d'euros dans son budget annuel au paiement des salaires des professeurs de religion. Une somme inchangée d'une année sur l'autre, alors que les coupes dans le budget alloué à l'école primaire se montent à 4,6 millions d'euros, et que les crédits attribués aux remplacements ont baissé de 1,82 million d'euros. En 2012, l'enseignement de la religion dans le secondaire aura coûté 2,264 millions d'euros à la région Aragon - pour 109 professeurs catholiques, et cinq évangéliques.

IU situe « l'origine du problème » dans le concordat de 1979 et appelle l'État espagnol à « le briser ». Le parti, qui milite pour un enseignement entièrement laïque, n'avait alors pas ménagé José Ignacio Wert, accusé de vouloir « rétablir le modèle d'enseignement catholique du franquisme ». « A chaque fois, je comprends moins le langage du Parti populaire qui parle de modernisation quand il s'agit d'un retour en arrière de trente ans, et parle de consensus quand il s'agit d'un texte imposé à la communauté éducative », a lancé de son côté Gaspar Llamazares, député (IU) de Madrid, à l'annonce de l'adoption du projet de loi par le PP.

Considérant que « la réforme éducative de Wert cède aux exigences de l'Église », le journal de centre-gauche El Pais a rappelé que « l'évaluation des cours de religion a été abandonnée par une loi de 1990 », approuvée sous un gouvernement socialiste. « S'il nous parait excessif de prétendre comme les partis de gauche que ce texte représente un retour au national-catholicisme, il est certain que l'enseignement de la religion en Espagne est doctrinaire et ne devrait donc pas compter pour les notes », a estimé le quotidien de centre-droit El Mundo. De son côté, Alfredo Pérez Rubalcaba, à la tête du parti socialiste espagnol, le PSOE, dans l'opposition, a d'ores et déjà prévenu que si son parti revenait au pouvoir, il révoquerait la nouvelle loi, et a même adressé un avertissement aux éditeurs de manuels scolaires : « N'actualisez pas vos manuels, les nouveaux programmes ne dureront pas longtemps ! »

 

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